Vers la reconnaissance de l'ostéopathie

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Vers la reconnaissance de l'ostéopathie

Message par David le Sam 2 Fév - 16:19

Communiqué des doyens de médecine
publié le 24 Janvier 2013

Les doyens des facultés de médecine pour la fin du financement public
Les doyens des facultés de médecine des universités belges recommandent "fermement de mettre fin à tout financement public des pratiques non-conventionnelles", telles que l'ostéopathie, l'homéopathie ou l'acuponcture. Dans un communiqué diffusé jeudi, les doyens rappellent qu'il ne peut être question pour leurs facultés d'enseigner des pratiques dont l'efficacité n'est pas scientifiquement démontrée.

Les doyens des facultés de médecine de l'ULB, la VUB, l'UGent, l'ULg, l'Université de Mons, la KUL, l'UCL, l'Université d'Hasselt, l'UA et l'Université de Namur soulignent dans leur communiqué commun que le rapport du centre d'expertise (KCE) "a bien confirmé l'absence de toute démonstration d'efficacité de ces pratiques à l'exception de quelques domaines particuliers du traitement des maux de dos pour l'ostéopathie". Se préoccupant en premier lieu de la sécurité du patient, les académiques recommandent l'obligation d'un diagnostic et d'une indication de traitement par un porteur d'un diplôme de médecin préalablement à l'accès à ces praticiens. "Afin de préserver les deniers publics dans une période de forte restriction où même des traitements médicaux basés sur les preuves voient leur financement raboté, les doyens recommandent fermement de mettre fin à tout financement public de ces pratiques non conventionnelles", concluent les doyens.

Ils ne ferment cependant pas tout-à-fait la porte à une intégration de certains éléments de ces pratiques dans les enseignements, à condition qu'une évaluation scientifique sérieuse atteste de leur efficacité.


Communiqué des étudiants de médecine :
publié le 28 Janvier 2013

Homéopathie, acupuncture, ostéopathie: les étudiants "consternés" par le débat à la Chambre
Les comités interuniversitaires néerlandophone et francophone des étudiants en médecine se sont dit lundi "consternés" des débats menés à la Chambre sur la reconnaissance de médecines non-conventionnelles et réclament l'audition de toutes les parties.

Un débat à la chambre concernant la reconnaissance des médecines non conventionnelles a eu lieu la semaine dernière. Mais les étudiants réfutent les positions défendues par le président de la commission d'avis créée par le SPF Santé, favorable à un enregistrement de ces pratiques (homéopathie, chiropraxie, ostéopathie, acupuncture) afin de garantir la sécurité du patient et établir des critères. "La médecine non-conventionnelle ne fonctionne pas mieux qu'un placébo", martèlent le comité interuniversitaire des étudiants en médecine (CIUM) et son équivalent néerlandophone, le VGSO.

Rembourser ces "pseudosciences" va plomber les budgets
Le remboursement de "pseudosciences" chargerait encore plus les budgets déjà surmenés de la Santé publique et de la Sécurité sociale ; il renforcerait aussi un système qui menace la Santé publique, car "l'absence d'un diagnostic correct et d'un traitement approprié met souvent le patient en danger", soulignent les étudiants. Ils mettent en garde aussi contre une autorisation d'utiliser l'imagerie médicale pour des personnes sans formation adéquate, ce qui constituerait "un risque considérable quand le patient est exposé à la radiation".

Les étudiants sont "archi contre"
A leurs yeux, l'organisation de formations en médecine non-conventionnelle pourrait à tort suggérer que les universités reconnaissent la scientificité de ces traitements. Les étudiants réclament en outre un débat ouvert dans lequel toutes les parties concernées seront écoutées, et non seulement les représentants de médecines non-conventionnelles.

Les doyens des facultés de médecine des universités belges ont pour leur part recommandé jeudi de mettre fin à tout financement public des pratiques non-conventionnelles.


Communiqué du syndicat des médecins (ABSyM)
publié le 29 Janvier 2013

Veuillez enfin arrêter l’exercice illégal de la médecine”
A l’instar des facultés et des étudiants en médecine, l’Association Belge des Syndicats Médicaux (ABSyM) interpelle les instances politiques pour jeter aux oubliettes, une fois pour toutes, la loi Colla de 1999, qui traite des pratiques dites non-conventionnelles en médecine. « Il est plus que temps d’arrêter l’exercice illégal de la médecine. Selon le président de l’ABSyM, Marc Moens, l’A.R.78 prévoit depuis des décennies des amendes et des peines d’emprisonnement.

Le président de la Commission paritaire qui doit se pencher sur la reconnaissance de quatre pratiques non-conventionnelles – l’acupuncture, la chiropractie, l’homéopathie et l’ostéopathie – a formulé, la semaine dernière, des avis plaidant pour leur reconnaissance au sein de la Chambre des représentants de la Commissions de santé publique. Cette évolution crée une profonde inquiétude au sein de l’ABSyM. En finale, la soi-disant Commission paritaire était, non seulement composée de « représentants des soins de santé » alternatifs (les membres des facultés ayant déjà quitté la susdite Commission à cause du caractère de non-sens de ce théâtre), de plus, à l’heure actuelle (et nous espérons que cette situation sera maintenue) la situation de la « médecine parallèle » est en profond conflit avec l’A.R. 78 du 10 novembre 1967 relatif à l’exercice des professions de la santé, qui prévoit entre autre des sanctions pénales pour l’exercice illégal de la médecine. L’approbation du gouvernement, coïncidence ou pas, de bâtir de nouvelles prisons, pourrait éventuellement conduire enfin à respecter la loi. L’ABSyM invitera très prochainement les universités et les étudiants en médecine pour mieux en débattre et convaincre les politiciens, comme en 1999, que ces niaiseries et tromperies n’ont pas leur place dans la loi.

L’ABSyM pense que les politiques ont actuellement d’autres chats à fouetter notamment au niveau social et communautaire. L’ABSyM demande un signal court et fort: évincer la loi Colla de 1999 et adapter les règles pénitentiaires légales de l’A.R. 78 concernant l’exercice illégal de la médecine. Protégez la population des charlatans. La politique de tolérance d’encouragement de ces actes de soins pseudo-médicaux a uniquement conduit à la croissance et la floraison de pratiques sectaires dangereuses.

Le Dr Marc Moens
Président de l’ABSyM


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Re: Vers la reconnaissance de l'ostéopathie

Message par David le Sam 2 Fév - 16:28

Réponse des étudiants et anciens étudiants en ostéopathie de l'ULB :

Envoyé à la presse le 1 janvier 2013, en attente de publication.


Médecines non-conventionnelles : les étudiants et alumni d’Ostéopathie de l’ULB réagissent.

Récemment, les doyens des Facultés de Médecine et certains étudiants en Médecine ont émis, via la presse, de très vives protestations à propos de la reconnaissance de la profession d’ostéopathe. Nous, étudiants et anciens étudiants en Ostéopathie à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), cliniciens en devenir, sommes très surpris et déçus par cette sortie médiatique agressive et subite. Dès lors, nous souhaitons recadrer ce débat. Notre étonnement est d’autant plus important que l'Ostéopathie est enseignée depuis bientôt dix ans à l'ULB, et ce dans un esprit constructif. Malgré certaines difficultés initiales, nous partageons de nombreux cours avec les étudiants de Médecine grâce à une sereine collaboration avec leur Faculté.
A titre d’exemple, nos stages cliniques se déroulent avec des médecins dans de nombreuses institutions hospitalières telles que le CHU Saint-Pierre, l'Hôpital Erasme, les Hôpitaux Iris Sud, le CHU de Charleroi et le CHU Brugmann.

A l’instar des déclarations récentes, nous souhaitons cadrer et réglementer l’art ostéopathique afin d’assurer des soins de haut niveau et garantir une sécurité optimale aux patients. Connaître son champ de compétences et ses propres limites est une des qualités que doit posséder tout bon clinicien ; nous militons pour cela. L’accent est d’ailleurs sans cesse placé sur le diagnostic d’exclusion durant notre formation.

Pour rappel, le cursus d’Ostéopathie se déroule en six années, tout comme celui de Médecine. L’interdisciplinarité des différentes spécialités médicales avec l’Ostéopathie est promue tout au long de notre cursus. A titre d’exemple, parmi les cours dispensés, nous suivons avec les étudiants de Médecine dans les mêmes auditoires, la sémiologie générale, les certificats de rhumatologie, de médecine physique et de neurologie, ainsi que des cours de radiologie, de pharmacologie, de déontologie, d’éthique médicale notamment. Il est essentiel de garder à l’esprit que notre cursus est dirigé vers la responsabilité induite par la première intention et le diagnostic. Au terme de celui-ci, lorsque l’ostéopathe pose un diagnostic d’exclusion, il référera vers le médecin généraliste ou spécialiste.

Pour rappel, l’ULB a ouvert ses portes à l’ostéopathie notamment dans le but d’analyser ses modes d’action et son efficacité clinique. Nous souhaitons amener l’ostéopathie à une pratique de type EBM (Evidenced Based Medecine). Certaines études sont en cours, d’autres ont déjà été publiées dans des revues scientifiques reconnues, attestant notamment de notre efficacité clinique. Nous souhaitons, tout comme c’est le cas en Médecine conventionnelle, poursuivre des études expérimentales tenant compte non seulement de l’efficacité du traitement, mais aussi du ratio efficacité-effets secondaires et du ratio efficacité-coût. Selon nous, il est déterminant de ne pas réaliser d’amalgame entre les quatre disciplines reprises sous le terme de pratiques non conventionnelles, à savoir l’Acupuncture, la Chiropraxie, l'Homéopathie et l’Ostéopathie. Nous econnaissons et dénonçons un nombre important de charlatans existants dans notre profession qui ne méritent pas de prétendre à une quelconque reconnaissance. Ceux-ci refusent le progrès scientifique et appliquent quotidiennement les dogmes passéistes décrétés par les fondateurs de l’ostéopathie à la fin du XIXe siècle. Assurément, l’Ostéopathie telle qu’enseignée à l’ULB, résolument médicale et progressiste, se détache de son dogme puisqu’elle tend vers une pratique conventionnelle et est un objet de science. L’enseignement universitaire incarne parfaitement cette ligne de conduite. En effet, grâce à l’Unité de Recherche en Ostéopathie et au soutien des autres laboratoires de la faculté des sciences de la motricité de l’ULB, des recherches cliniques et la mise à l’épreuve des techniques utilisées en cabinet sont en cours.
Qu’en est-il des autres pratiques non-conventionnelles ? Ont-elles remis leur dogme initial en question ? Force est de constater que l’Ostéopathie dans son acceptation moderne se distingue clairement des autres pratiques dites “non-conventionelles”.

Ces vives réactions récentes contrastent nettement avec les discussions paisibles et constructives qui ont lieu depuis de nombreux mois dans la chambre consultative d’Ostéopathie, constituées paritairement de médecins et d’ostéopathes. Depuis la constitution de ces chambres paritaires, l’Ostéopathie telle que défendue à l’ULB a toujours bénéficié d'un avis favorable. Dès lors, nous déplorons et dénonçons fermement le boycott d’un des médecins membre de cette chambre et la “cabale” qu’il mène en vue de court-circuiter toute chance de cadrer l’ostéopathie dans des limites saines et acceptables. Il sabote ainsi le travail d’une équipe entière (médecins et ostéopathes) souhaitant avancer vers un même objectif : la sécurité thérapeutique.

Au vu de ces faits, toujours dans l’interêt des patients, nous invitons chaque étudiant et doyen des Facultés de Médecine à se défaire de ces agissements corporatistes isolés et de s’informer des indications de l’Ostéopathie. Nous souhaitons également que les étudiants et doyens prennent conscience de la qualité et de la rigueur scientifique de l’enseignement de l’Ostéopathie à l’ULB. Une meilleure connaissance du cursus et des indications thérapeutiques permettrait de comprendre la complémentarité de la Kinésithérapie et de l’Ostéopathie, disciplines très différentes, perçues à tort comme concurrentes. En effet, de nombreux kinésithérapeutes travaillent en équipe avec des ostéopathes afin d’offrir les meilleurs soins possibles à leurs patients. Dans cette même optique, nous tenons à rappeler l’excellente relation qui existe entre cliniciens de première ligne; à savoir, les médecins généralistes, spécialistes et ostéopathes progressistes.

Nous voudrions enfin réagir à la conclusion des doyens concernant le financement des pratiques non-conventionnelles : "Afin de préserver les deniers publics dans une période de forte restriction où même des traitements médicaux basés sur les preuves voient leur financement raboté, les doyens recommandent fermement de mettre fin à tout financement public de ces pratiques non conventionnelles".
S’agit-il encore une fois de la simple méconnaissance des dossiers ou plutôt d’une omission permettant aux détracteurs d’allonger la liste des contre-arguments ? Les remboursements des consultations d’ostéopathie sont uniquement pris en charge par des organismes privés (assurance complémentaire) et non par la sécurité sociale !

Corporatisme, mépris, suffisance, obscurantisme ? Nous osons croire qu’il s'agisse de méfiance par méconnaissance.


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Re: Vers la reconnaissance de l'ostéopathie

Message par David le Dim 3 Fév - 19:28

Interview de Christian Gérard
Président de la Société belge d’ostéopathie
publié le 02 février 2013

La libre.be : Comprenez-vous que les syndicats médicaux et des facultés de médecine s’opposent à la reconnaissance des médecines non conventionnelles ?

Christian GÉRARD : La commission mise en place par la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS) pour définir les critères de reconnaissance était paritaire : il y avait autant de praticiens de médecines conventionnelles que de médecins universitaires. Et les rapports transmis à la ministre ont toujours recueilli une majorité des deux tiers des membres. Ce que je ne comprends pas dans ces fortes oppositions, c’est que le but des discussions est de protéger le patient.

LL.be : Justement, les doyens des facultés et les syndicats médicaux disent que les médecines non conventionnelles n’offrent pas de garantie scientifique…

C. G. : D’abord, certaines techniques ostépathiques s’inspirent de techniques utilisées dans d’autres approches, notamment la thérapie manuelle. Or la thérapie manuelle est enseignée en Flandre. Qu’on me dise la logique. D’un autre côté, il est certain qu’aujourd’hui, pour pouvoir démontrer le bien-fondé de l’ostéopathie de manière scientifique et reproductible, il faut des instruments qui permettent de le mesurer. Or les instruments de mesure ne sont pas encore suffisamment fins pour mettre en évidence certains mouvements que les ostéopathes disent pouvoir percevoir. Des scientifiques, et pas des moindres, se penchent cependant sur ce genre de questions aux USA à la NASA ou en Russie. Et des études commencent à être publiées sur des sujets tabous comme le mouvement des membranes crâniennes.

LL.be : Quel était l’objectif de la commission ? Fixer des critères de reconnaissance pour séparer le bon grain de l’ivraie ?

C. G. : Oui. On veut mettre hors circuit les gens qui se disent ostéopathes, mais qui n’ont pas de formation. Aujourd’hui, tout le monde peut se déclarer ostéopathe. J’ai lu que les doyens ne voulaient pas d’une nouvelle profession. Je leur réponds que l’ostéopathie n’est pas une nouvelle profession. Elle est née aux Etats-Unis en 1865. Avant la kinésithérapie.

LL.be : Les médecins s’inquiètent de voir les budgets de la santé exploser si on accepte de rembourser les soins prodigués dans le cadre de ces médecines non conventionnelles…

C. G. : La médecine devient de plus en plus spécialisée. Elle exige toujours plus d’examens diagnostiques onéreux. Les budgets deviennent de plus en plus difficiles à boucler. Je comprends dès lors que les médecins ne souhaitent pas voir le budget de la santé amputé par d’autres approches médicales. Mais nous ne demandons pas le remboursement de l’Inami. Nous ne l’avons jamais demandé. Certaines mutuelles interviennent parfois dans les coûts des traitements. Cela soulage certains patients. Mais c’est tout.

LL.be : Les kinés reprochent aux ostéopathes de leur faire une concurrence déloyale parce que leurs patients doivent être référencés par un médecin au préalable et pas les vôtres…

C. G. : Nous avons une autre façon d’aborder la médecine et la dysfonction par rapport à la médecine classique. Nous considérons le patient dans sa globalité. Quand le patient se rend en consultation en ostéopathie, il a une plainte. L’anamnèse et l’examen ostéopathique que nous faisons mettent souvent en évidence que le problème pour lequel il est venu est loin d’être aussi précis et ponctuel qu’il le pense. Son problème est bien souvent la conséquence d’un ensemble d’adaptations que le corps a pu faire. Si on traite seulement la partie du corps à l’origine de la plainte du patient, nous n’aurons pas une solution durable dans le temps. En travaillant sur la globalité, l’ostéopathie offre cela. Cela explique pourquoi une prescription médicale ne se conçoit pas : elle n’a pas de sens. Cela dit, sur le terrain, il y a beaucoup de collaborations entre médecins de famille et ostéopathes. Et cela se passe très bien.

LL.be : Pensez-vous que la réaction des médecins soit motivée par la peur de perdre de leur “part de marché” ?

C. G. : Je n’en sais rien. Mais c’est possible. Il faut savoir que la médecine et la grosse industrie pharmaceutique vont de pair. Or l’ostéopathie est une approche mécanique qui ne prescrit pas de médicaments.

"Je comprends dès lors que les médecins ne souhaitent pas voir le budget de la santé amputé par d’autres approches médicales. Mais nous ne demandons pas le remboursement de l’Inami. Nous ne l’avons jamais demandé. Certaines mutuelles interviennent parfois dans les coûts des traitements. Mais c’est tout."

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